EPIDEMIOLOGIE
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L'anguillulose (syn. : strongyloïdose) est due au parasitisme duodénal d'un ver rond : Strongyloides stercoralis. Parasitose intestinale mineure, elle peut dans certaines circonstances se transformer en une infection généralisée au pronostic sévère.

L'anguillule S. stercoralis est, dans sa forme parasite, uniquement représentée par des femelles parthénogénétiques : elles mesurent 2 à 3 mm de long et leur œsophage possède un seul renflement (forme strongyloïde) ; elles vivent profondément enchâssées dans la muqueuse duodénale de l'homme mais ne sont pas hématophages. Le cycle évolutif est particulièrement complexe. Les femelles parthénogénétiques pondent des œufs qui éclosent dans l'intestin. Des larves s'en échappent, dites rhabditoïdes, car leur œsophage possède un double renflement, elles ont trois destinées possibles.


Cycle de l'anguillule
(cycle sexué indirect)

Le cycle externe, asexué, direct se produit lorsque les conditions extérieures sont défavorables (température inférieure à 20°C ; humidité insuffisante) : les larves rhabditoïdes émises dans les selles se transforment directement dans la nature en larves strongyloïdes infestantes. L'homme se contamine par voie cutanée en marchant pieds nus dans la boue ou en se baignant dans un cours d'eau ou une piscine ; la contamination par voie buccale est exceptionnelle. Après avoir franchi les téguments, les larves migrent par voie sanguine au niveau du cœur droit, puis des poumons où elles changent de direction et remontent bronchioles, bronches, trachée, jusqu'au carrefour aéro-digestif ; elles sont alors dégluties ; après avoir franchi le pylore, elles deviennent des femelles parthénogénétiques.

Le cycle externe, sexué, indirect, ou hétérogonique apparaît lorsque les conditions extérieures sont favorables (plus de 20°C, humidité) ; les larves rhabditoïdes se muent en adultes stercoraires, mâles et femelles ; les femelles fécondées pondent des œufs donnant naissance à des larves rhabditoïdes " de deuxième génération " (par opposition aux larves rhabditoïdes de " première génération " nées des femelles parthénogénétiques) ; les larves se transforment à leur tour en larves strongyloïdes infestant l'homme par voie cutanée ; il se produit ainsi une multiplication parasitaire dans le milieu extérieur ; les stades ultérieurs du cycle sont identiques à ceux du précédent.

Le cycle interne, ou cycle d'autoréinfestation endogène, est un cycle court, avec transformation directe des larves rhabditoïdes en larves strongyloïdes dans l'intestin du malade, sans passage extérieur, sinon peut-être au niveau de la région anopérinéale ou dans le derme de la paroi abdominale, il explique la longévité de l'affection pouvant dépasser 30 ans, alors que la survie des femelles est relativement brève.

L'anguillulose sévit dans les régions chaudes et humides du globe : Amérique centrale et du Sud, Antilles, Afrique tropicale, Maghreb, vallée du Nil, Madagascar, péninsule ibérique, Italie, Balkans, Sud-Est asiatique.


Répartition géographique de l'anguillulose

Elle coexiste souvent avec l'ankylostomiase et les bilharzioses et constitue une cause fréquente d'hyperéosinophilie sanguine chez les réfugiés du Sud-Est asiatique, les travailleurs migrants de l'Ouest africain et les Antillais.