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7. DIAGNOSTIC DU PALUDISME
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7.1 DIAGNOSTIC CLINIQUE
C'est la constatation d'un accès fébrile, décrit classiquement
avec sa périodicité et sa séquence: frissons, chaleur et
transpiration.
En zone d'endémie, l'immunité et les infections mixtes embrouillent
le tableau clinique. La difficulté vient des parasitémies asymptomatiques.
En pathologie d'importation, la profession, les notions de voyage récent
et dinterruption prématurée dune chimioprophylaxie
doivent faire envisager ce diagnostic. L'éventualité du paludisme
chez les voyageurs à leur retour est généralement ignorée.
7.2 LE DIAGNOSTIC SPECIFIQUE
Les techniques de diagnostic actuellement en usage comprennent la mise en évidence
de parasites dans le sang et la titration des anticorps antiplasmodium dans
le sérum.
Actuellement à l'étude, la détection d'antigène
plasmodial dans le sang total à l'aide d'anticorps monoclonaux ou le
repérage d'ADN plasmodial par hybridation avec des sondes marquées
ou après amplification du type "polychain reaction (PCR) détrôneront
peut-être les méthodes microscopiques traditionnelles, éprouvées
mais imparfaites et exigeant, pour être effectuées correctement,
un personnel suffisamment expérimenté.
Microscopie: la goutte épaisse et le frottis
Sur ces techniques seules, repose actuellement le diagnostic de certitude.
Pour les parasites sanguicoles, la mise en évidence du parasite se fait
habituellement par l'examen au microscope d'une goutte épaisse (GE) et
d'un frottis de sang colorés au Giemsa. Dans la GE, les éléments
du sang sont concentrés sur une surface beaucoup plus petite que dans
le frottis, ce qui accélère la recherche. La destruction des érythrocytes
rendra la reconnaissance des parasites plus difficile mais le gain de sensibilité
par rapport au frottis est d'environ 20 fois. On peut estimer que l'examen de
100 champs microscopiques (oculaire X10, objectif X100) correspond à
un volume examiné de 0,25 µl.
Le frottis est indispensable pour le diagnostic d'espèce avec répercussion
sur le traitement: pour P. falciparum, complications possibles et résistance
probable aux traitements habituels; pour P. vivax et P. ovale, existence de
rechutes ( hypnozoïtes insensibles aux traitements usuels de l'accès);
pour P. malariae, complications rénales .
Il faut signaler l'existence fréquente d'infections mixtes où
P. falciparum est accompagné de P. vivax, P. ovale ou P. malariae.
Goutte épaisse
L'examen de la GE peut détecter des parasitémies de 10-20 parasites
par µl.
La numération parasitaire se fait en comptant le nombre de parasites
par 200 leucocytes. On admet que la leucocytémie moyenne est de 6000
par µl. En multipliant le nombre de parasites comptés par 30, on
obtient une approximation du nombre de parasites par µl.
Une méthode plus rapide consiste à compter, dans 100 champs microscopiques,
le nombre de champs contenant un ou des parasites. Le résultat est exprimé
en pourcentage de champs positifs. Il a été calculé qu'à
partir de 500 parasites par µl, tous les champs contiennent au moins 1
parasite.
Frottis
L'examen des frottis permet de détecter des parasitémies de l'ordre
de 200 parasites par µl.
Dans le frottis, l'utilisation d'un oculaire quadrillé, permettra la
numération des globules rouges parasités par champ. Le rapport
de ce nombre sur le nombre total d' hématies par champ donne le pourcentage
d'hématies parasitées et donc le nombre de parasites par µl,
en admettant que le nombre normal de globules rouges par µl soit de 4
à 5 millions. Si le sujet est très anémié, il faudra
ajuster les valeurs mais l'approximation reste acceptable entre 3 et 5 millions
de globules rouges par µl.
Sensibilité de l'examen microscopique :
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G.R. dans 100 ch
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G.B. dans 100 ch.
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Volume examiné
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Sensibilité en 10 min. d'examen
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| FROTTIS |
80.000
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125
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0,010-0,016 µl
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100-300 paras./µl
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| GOUTTE EPAISSE |
détruits
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2500
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0,25-0,31 µl
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10-20 paras./µl
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Intérêt de la numération parasitaire
L'importance de la détermination de la densité parasitaire est
relative: des sujets semi-immuns peuvent héberger des parasites du paludisme
sans symptômes de maladie tandis qu'en l'absence d'immunité spécifique,
toute présence de parasites dans le sang est à l'origine d'une
pathologie aiguë en incubation ou chronique.
On peut évoquer trois niveaux: le seuil de patence, le seuil clinique
et, dans les infections à P. falciparum, le seuil de danger du paludisme
pernicieux.
Seuil de patence et seuil clinique en région endémique
En Afrique au sud du Sahara, la parasitémie peut être observée
chez 60 à 70 p.100 de la population saine lors d'un seul examen en GE
et chez presque 100 p.100 des individus si des examens répétés
sont pratiqués. Les parasitémies en dessous de 10.000/µl
ne sont pas souvent symptomatiques et lorsqu'on les découvre chez des
patients fébriles, on recherche une autre étiologie. Cette densité
seuil de 10.000/µl représente 0,2 p.100 de globules rouges parasités
(environ 2 par champ dans un frottis). La tolérance est variable d'un
sujet à l'autre, elle se situe généralement entre 5.000
et 15.000 parasites par µl.
De façon générale, il existe une corrélation entre
la parasitémie et l'apparition des signes cliniques et leur gravité.
Cependant les enfants et, dans une moindre mesure les adultes, peuvent dans
les régions africaines, tolérer des parasitémies très
élevées sans présenter de symptômes cliniques. Au
Niger, Rougemont a observé des parasitémies de plus de 100.000/µl
chez des sujets non fébriles!
Chez les personnes non immunes, des parasitémies faibles peuvent donner
lieu à des phénomènes pathologiques.
Seuil de gravité
En l'absence d'immunité surtout, la corrélation entre la densité
parasitaire de P. falciparum et la gravité des symptômes est nette.
La grande majorité des patients avec malaria cérébrale
ont une hyperparasitémie.
Chez les enfants atteints de malaria cérébrale, les parasitémies
qui excédent 1 million/µl (20 p.100 de G.R. parasités) sont
associées de manière significative à une issue fatale.
Dans les régions où le paludisme n'est pas stable (endémicité
fluctuante, prémunition peu efficace), les patients infectés par
P.falciparum et présentant plus de 100.000 parasites par µl (plus
de 250 parasites par champ de GE ou 2 p.100 de globules rouges parasités)
nécessitent une attention particulière, surtout si l'hématocrite
est bas.
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Méthodes d'enrichissement
Une technique basée sur une centrifugation différentielle et le
fait connu que l'acridine orange colore les cellules contenant de l'acide nucléique
y compris les plasmodiums, a été proposée par Becton-Dickinson
sous le nom de "quantitative buffy coat" (QBC, voir
chapitre 19).
Dans le tube QBC (capillaire tapissé d'acridine orange, dun anticoagulant
et muni d'un flotteur) et après centrifugantion, les hématies
contenant des trophozoïtes sont concentrées au dessus des hématies
non parasitées, au niveau du flotteur et étalées autour
de celui-ci contre la paroi du capillaire. Les parasites apparaissent nettement
sous éclairage ultraviolet grâce à l'émission, par
le noyau du parasite, de lumière fluorescente. Le pigment malarien est
bien visible sous forme de granules foncés dans les phagocytes ou dans
les parasites eux-mêmes et contraste avec la fluorescence de la chromatine
nucléaire.
Le principal avantage de la méthode QBC par rapport à la GE est
certainement la rapidité des manipulations et de la lecture. Par ailleurs,
le volume examiné étant de 60 µl de sang, on peut s'attendre
à une meilleure sensibilité par rapport à la GE (où
500 champs examinés équivalent à 1,2 µl). Cependant
les auteurs qui ont testé la méthode ne sont pas tous d'accord
sur ce point.
Méthodes d'introduction récente
Elles permettent la reconnaissance de molécules spécifiques du
parasite.
Détection d'antigènes de plasmodium
Des anticorps monoclonaux permettent la détection et de l'identification
des agents pathogènes. La détection d'un antigène parasitaire
(produit du métabolisme ou de la lyse parasitaire, soluble dans le plasma)
témoigne d'une infection actuelle de façon plus rapide et plus
sensible que la microscopie. Elle devrait pouvoir identifier le parasite avec
précision et théoriquement distinguer non seulement l'espèce
plasmodiale mais aussi des sous-populations à l'intérieur d'une
même espèce.
Antigènes solubles de formes asexuées sanguines dans le plasma
Depuis quelques années, de nombreuses protéines de stades schizogoniques
ont été décrites et les anticorps monoclonaux correspondants
s'accumulent. Cependant, les molécules utiles sont des peptides (épitopes)
provenant de la scission des protéines natives du parasite et dénaturées
au cours des manipulations d'extraction.
Face à une telle abondance de réactifs monospécifiques
différents, il faudra attendre pour qu'une hiérarchie apparaisse
dans leur valeur respective pour le diagnostic du paludisme aigu ou des infections
inapparentes
.
Une capture dantigène riche en histidine (histidine-rich
protein, HRP-II) de P. falciparum a cependant été essayée
par Becton-Dickinson sous forme dun dip-stick test
(ParaSight F®). Il sagit dun bâtonnet en fibres de cellulose,
imprégné dun IgG1 monoclonal dirigé contre un peptide
synthétique constitutif de la protéine. Ce bâtonnet est
dabord trempé dans un échantillon de sang hémolysé
du sujet suspect de paludisme et ensuite dans un sérum polyclonal anti-HRP-II
conjugué à des liposomes contenant un colorant rose. Par rapport
à la microscopie, la sensibilité du test est de 58 p.100 pour
des parasitémies moyennes de 63 parasites/µl et de 90 à
100 p.100 pour des parasitémies moyennes de 1290 parasites/µl.
Antigènes figurés dans le sang
La recherche de parasites au microscope peut se faire après une réaction
d'immunofluorescence. Le test "monofluo kit" pour détection
de P. falciparum est commercialisé par l'Institut Pasteur, Paris.
L'utilité n'est pourtant pas évidente car le temps consacré
à la préparation est considérable et le gain de sensibilité
n'est pas significatif par rapport à la GE colorée au Giemsa.
Recherche de matériel génique dans un prélèvement
Sondes nucléiques
Le choix judicieux des séquences de nucléotides permettra en théorie,
dans l'avenir, le repérage dans un prélèvement (sang parasité)
des différentes espèces de plasmodium ou même d'une lignée
possédant des caractères particuliers, par exemple la résistance
à un médicament antipaludique. Ces séquences constituent
des réactifs très spécifiques à condition d'avoir
une longueur suffisante.
Une sonde à P. falciparum décèle régulièrement
des parasitémies de 500/µl. Dans une étude comparative par
rapport à la microscopie, la sensibilité d'une sonde a été
de 65 p.100.
L'amplification génique (polymérase chain reaction",
PCR)
La PCR, beaucoup plus sensible, amplifie les séquences reconnues et les
rend facilement repérables. L'amplification génique n'est pas
encore évaluée dans le diagnostic du paludisme (ou plutôt
dans la détection de plasmodiums dans un prélèvement, ce
qui est très différent, on l'a vu, du diagnostic du paludisme
clinique!). Il restera à déterminer dans quel cas, mis à
part les contrôles de sang de transfusion en dehors des zones dendémie
et certains programmes de recherche pointus, il est nécessaire et utile
de s'assurer que la dernière trace de parasite a disparu du sang d'un
sujet.
Sérologie
Antigènes et réactions utilisés
Protéines constitutives du parasite ou produits excrétés
de son métabolisme, chacun des quelques 30 antigènes de plasmodium
a une localisation qui lui est propre: cytoplasme ou membrane du parasite et
de l'érythrocyte parasité, plasma.
Ces antigènes peuvent actuellement être séparés et
purifiés chimiquement, après destruction du parasite.
Antigènes de sporozoïtes
Une fraction antigénique purifiée de sporozoïte est maintenant
disponible. C'est un épitope de la protéine "circumsporozoïtique"
(CSP, déjà citée dans le paragraphe traitant des antigènes
de plasmodium), utilisé avec succès par les épidémiologistes
dans une réaction immuno-enzymatique pour titrer chez les sujets exposés
aux piqûres infectantes, les anticorps spécifiques dirigés
contre les sporozoïtes. Ces antigènes ne sont pas utiles pour le
diagnostic d'un accès clinique mais ils donnent un renseignement précis
d'ordre épidémiologique (fréquence des inoculations de
sporozoïtes).
Antigènes de la schizogonie érythrocytaire
Ce sont les antigènes des formes asexuées du sang qui sont utilisés
en routine clinique ou épidémiologique puisque c'est ce stade
qui provoque les symptômes par sa prolifération et celui qui persiste
chez le sujet asymptomatique immun.
Parmi les protéines déjà connues des formes sanguines,
il n'en existe aucune qui puisse à elle seule, jusqu'à présent,
jouer le rôle d'antigène de diagnostic précoce d'une infection
plasmodiale. On continue donc à utiliser, en sérologie de routine,
des parasites entiers, sous forme d'antigène figuré (intacts morphologiquement)
ou de solutions de protéines parasitaires (parasites détruits
et repris en solution dans un tampon).
Pour un diagnostic sensible et spécifique de l'infection plasmodiale,
on est obligé de choisir, en outre, l'espèce qui a le plus de
chance d'être en cause (réaction homologue). D'où la nécessité
de doser les anticorps vis-à-vis de plusieurs espèces parasitaires
(idéalement, les quatre espèces de parasites de l'homme) s'il
s'agit, comme dans les centres de transfusion sanguine de régions non
endémiques, de garantir l'absence de plasmodiums humains dans le sang
des donneurs .
Dans la pratique, les schizontes endo-érythrocytaires de P. falciparum
peuvent être obtenus par maturation synchrone in vitro (cultures continues)
tandis que les parasites de la schizogonie érythrocytaire de P. vivax,
P. ovale ou P. malariae , qui ne sont pas cultivables, doivent être récoltés
chez des patients atteints de paludisme aigu. A défaut de patients ou
de cultures, il est également possible de recourir à des infections
expérimentales d'animaux splénectomisés (singe Aotus pour
P. falciparum, P. vivax et P. malariae, chimpanzé pour P. ovale ).
Réactions utilisées
L'immunofluorescence indirecte (IFI), lhémagglutination passive
et les tests immuno-enzymatiques du type ELISA sont actuellement les plus utilisés.
Ces trois techniques, dans l'état actuel des préparations antigéniques,
sont grossières et décèlent un contact global, passé
ou présent, de l'organisme avec les parasites. La mosaïque antigénique
est présentée en vrac soit sous forme d'antigène figuré
(plasmodiums en frottis ou étalement plus épais, sur une lame),
soit sous forme d'un antigène soluble (mélange de protéines
parasitaires en solution aqueuse).
Utilité des méthodes sérologiques
La présence de plasmodiums dans l'organisme d'un sujet est à l'origine
de la synthèse d'anticorps dirigés contre les antigènes
de ce parasite. Le nombre et la diversité, déjà mentionnés,
des antigènes dans les stades de la schizogonie érythrocytaire
compliquent l'interprétation de la réponse immune. D'autre part,
les caractéristiques mêmes de cette réponse immune limitent
l'utilité pratique de la sérologie dans le domaine du diagnostic.
La quantité d'anticorps dosée par les méthodes sérologiques
sera proportionnelle à l'intensité et à la durée
de l'infection. La sérologie est plus sensible que la mise en évidence
du parasite car elle est indépendante des fluctuations à court
terme de la parasitémie et reste positive en cas de parasitémie
subpatente. De ce fait, l'existence dans les pays endémiques de très
nombreux porteurs asymptomatiques de parasites, jouissant à l'âge
adulte d'une immunité protectrice induite par un contact prolongé
et contemporain avec le parasite, y anéantit la valeur diagnostique des
tests sérologiques.
Dans l'accès de paludisme clinique, l'abondance de parasites dans le
sang facilite l'examen microscopique, toujours péremptoire, et produit,
après un délai variable, une élévation du titre
d'anticorps anti-stades de la schizogonie érythrocytaire. Lors d'une
primo-infection, les anticorps ne deviennent en effet décelables que
lorsque la parasitémie a atteint, depuis plusieurs jours, des niveaux
cliniques . Ce délai n'est pas observé lors d'une réinfection.
La sérologie possède cependant trois indications précises:
7.3 LE DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE NON SPECIFIQUE
Il est utile surtout pour surveiller l'apparition des formes graves. Les chiffres
donnés entre parenthèses sont des cotes d'alerte laissant présager
des complications d'une extrême gravité!
Anémie hémolytique
L'hémolyse est présente dans tous les cas de paludisme. Même
le paludisme viscéral évolutif, d'allure chronique, déterminera
une hémolyse avec anémie grave d'installation progressive. L'anémie
de type hémolytique est donc constante.
D'importance variable, normochrome ou hypochrome, elle est mise en évidence
par le dosage de l'hémoglobine (< 7 g/dl), la mesure de l'hématocrite
ou la numération des hématies. Ces valeurs pourront être
faussées par l'existence d'une hémoconcentration mise en évidence
par le dosage du sodium plasmatique. La numération des réticulocytes
est très utile pour déceler une anémie en cours de régénération.
Le dosage d'urobilinogène dans l'urine confirmera l'hémolyse.
Dans le plasma, on recherchera la diminution de l'haptoglobine (utilisée
pour fixer l'hémoglobine libre et former avec elle de grosses molécules
métabolisées par la rate et le foie) et l'augmentation de la bilirubine.
Glycémie
Le paludisme grave à P. falciparum cause une hypoglycémie, aggravée
par l'effet hypoglycémiant de la quinine. On surveillera la glycémie
(< 0,40 g/l).
Paramètres hépatiques
Les altérations de la fonction hépatique sont courantes dans le
paludisme aigu. Généralement sans extérioration clinique,
elles peuvent être recherchées par le dosage des enzymes habituels:
élévation de la lactate déshydrogénase (LDH) et
de la glutamate pyruvate transaminase (SGPT). Le rapport albumine/globuline
sériques est fortement abaissé du fait du déficit de la
synthèse de l'albumine combinée à une hyperproduction d'immunoglobulines.
Le cholestérol est presque toujours diminué et les triglycérides
augmentés dans les premiers jours de l'accès. Il faut quelques
semaines pour la normalisation après traitement.
Paramètres rénaux
La fonction rénale devra donc être surveillée par le dosage
de l'urée (> 0,60 g/l) ou de la créatinine plasmatique (>
30 mg/l). C'est dans le paludisme au long cours ou chronique que ces phénomènes
sont les plus marqués. P. malariae est parfois responsable d'un syndrome
néphrotique qui se caractérise par une albuminurie élévée
accompagnée d'une hypo-albuminémie (< 30 g/l).