4. MORPHOLOGIE ET CARACTERES BIOLOGIQUES DES PARASITES

sommaire

P.Vivax
P.Ovale
P.Malariae
P.Falciparum

4.3 PLASMODIUM MALARIAE

Cycle pré-érythrocytaire

La durée de la maturation des schizontes hépatiques est de 15 jours. Il n'y a pas de preuves de l'existence d'hypnozoïtes et donc pas de rechutes à long terme qui aient leur origine prouvée dans le foie.

Morphologie dans le sang

Le jeune trophozoïte est un anneau semblable à celui de P. vivax.

Le trophozoïte âgé, à contours réguliers, ovale ou allongé, traverse parfois diamétralement le globule d'un côté à l'autre (forme en bande ou en drapeau). Le pigment brun foncé est rassemblé en mottes dans le cytoplasme, à côté du noyau encore unique.

Le schizonte mûr contient 8 noyaux rouges disposés en périphérie du parasite tandis que les grains de pigment foncé sont rassemblés au centre du cytoplasme bleu (forme en marguerite).

Les gamétocytes sont arrondis et remplissent le globule rouge. Le pigment noir est disséminé dans le cytoplasme.

Le globule rouge parasité est de taille et de coloration normales. On a décrit des granulations de Ziemann, difficiles à mettre en évidence, fines et peu nombreuses (les colorations habituelles ne les montrent pas).

Chronologie de développement et longévité de l'infection

Le cycle complet se décompose comme suit:

  1. fécondation et formation d'ookinètes: 24 à 48 heures
  2. maturation des oocystes: 17-20 jours à 25 °C
  3. délai d’invasion des glandes salivaires (1+2): 20 jours
  4. séjour des sporozoïtes dans la circulation sanguine de l'hôte vertébré: 1 heure max.
  5. schizogonie hépatique normale (forme rapide) 15 jours
  6. schizogonie hépatique lente (hypnozoïtes) inexistante
  7. schizogonie érythrocytaire 72 heures
  8. gamétogenèse (jusqu'à maturité) à partir des mérozoïtes issus des schizontes hépatiques: 6 jours
  9. Durée minimale du cycle complet (gamétocyte donneur - gamétocyte receveur) (3+5+8): 41 jours

La longévité de l'infection chez l'homme en l'absence de réinfection est de 21 à 53 ans (observations de la littérature). La longévité exceptionnelle de cette espèce de plasmodium pourrait s'expliquer par le rythme lent de la schizogonie érythrocytaire (72 heures), le parasite n'étant pas complètement éliminé par les doses habituelles de chloroquine ou d'autres schizonticides sanguins. Le système immunitaire ne parvient pas non plus à l'éliminer totalement. Les recrudescences sont donc possibles à partir de parasitémies subpatentes en l'absence de toute réinfection.


Pouvoir pathogène

Agent de la fièvre quarte, la poussée de température correspondant à la libération des mérozoïtes par les schizontes survient toutes les 72 heures, durée du cycle schizogonique érythrocytaire (de l'anneau au schizonte mûr).

Elle est dominée par l'anémie, la splénomégalie, le dépôt de pigment dans les organes et l'augmentation des immunoglobulines. La néphrose, la glomérulonéphrite aspécifique et la sclérose secondaire du rein, d'origine vraisemblablement immunologique, sont des complications fréquentes de l'infection à P. malariae.

Distribution géographique

Ce plasmodium est le plus fréquent en Afrique tropicale, avec des prévalences parfois très élevées si on se donne la peine de le chercher (les parasitémies sont souvent à la limite de la patence). Quelques foyers existaient en Afrique du Nord avant l'éradication (par exemple le Cap Bon en Tunisie) et en Europe (actuellement en voie de disparition). Par ordre de fréquence décroissante, on range ensuite la Mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique, les Amériques centrale et du Sud et enfin l'Asie.

La prévalence est très variable suivant l'endroit, à cause de la très longue période nécessaire pour le développement chez le moustique. Là où la survie des anophèles est courte, la transmission devient problématique. Les espèces de moustiques présentent d'ailleurs de grandes variations dans leur aptitude à transmettre P. malariae.

Hôtes

L’homme et le singe (chimpanzé) hébergent P. malariae.
Anopheles funestus, An. gambiae, An. darlingi et 20 autres espèces citées par Garnham permettent le cycle sporogonique complet.

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