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3. CYCLE EVOLUTIF
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3.1 CYCLE NON PATHOGENE
L'ingestion de kystes mûrs est suivie du dékystement dans le milieu
gastro-intestinal. La paroi kystique est décapée par la trypsine
pancréatique dans des conditions favorables de température, pH
et potentiel d'oxydo-réduction.
Les 4 noyaux du kyste subissent chacun une mitose (conduisant au stade fugace
de "métakyste" à 8 noyaux) qui est immédiatement
suivie par la division du cytoplasme, donnant naissance à 8 petites amibes
végétatives qui deviendront des trophozoïtes minuta
(15 à 20 µm de diamètre).
Dans la lumière du côlon, après une série de divisions
(par bipartition) qui augmentent considérablement leur nombre, les formes
minuta s'arrondissent et s'entourent d'une paroi épaisse: c'est
l'enkystement.
Dans le côlon, lenkystement se fait suivant un rythme mal défini;
on retrouvera donc dans le bol fécal une majorité de trophozoites
minuta ou de kystes suivant le moment de l'examen.
Les kystes, immobiles et capables de résister un certain temps en milieu
extérieur seront éliminés dans les selles, emportés
passivement par le transit intestinal. Les trophozoites y seront moins nombreux
car leurs mouvements de reptation leur permettent de s'abriter au fond des villosités
intestinales où ils se trouvent à l'abri du transit.
| Remarque importante. Si la recherche de kystes chez un individu suspect reste négative, il est nécessaire de répéter les examens de selles avant de conclure à une absence totale d'amibes car l'élimination des kystes est périodique et subit des variations importantes dans le temps. |
Tel est le cycle minuta, qui permet aux amibes de coloniser
pour de longues périodes le gros intestin des individus bien portants.
Ce cycle ne comporte aucun organisme pathogène.
3.2 CYCLE PATHOGENE
Si les conditions sont propices chez le porteur (facteurs hôte) et si
la souche possède une potentialité pathogène (facteur parasite),
on peut assister à la pénétration de quelques amibes dans
la paroi intestinale où elles grandissent et deviennent hématophages
(phagocytose dhématies). Ces grandes amibes de 20 à 30 µm
se divisent uniquement par bipartition, à un rythme accéléré.
Elles possèdent un important pouvoir lytique sur les tissus et sont capables,
en progressant de proche en proche, de provoquer des ulcères étendus
dans la paroi de l'intestin et de là, d'essaimer dans d'autres organes.
Le mécanisme et les circonstances de cette transformation du trophozoïte
minuta non pathogène en trophozoïte histolytica destructeur
de tissus sont mal connus.
Sous l'influence d'un traitement médicamenteux spécifique ou des
anticorps protecteurs synthétisés par l'organisme du malade, les
amibes hématophages voient leur rythme de multiplication freiné;
de nombreux trophozoites sont détruits et les amibes quittent les tissus
pour se réfugier dans la lumière intestinale où l'attaque
médicamenteuse ou immunologique est moins violente ou même inexistante.
Ces trophozoites hématophages diminuent de taille et redeviennent minuta
puis s'enkystent, réinstallant ainsi le cycle minuta dans la lumière
du côlon.
fig 4-2. Cycle de E.histolytica
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